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Mercredi, 3. février 2010
Les effets de la crise financière mondiale menacent l'éducation de millions d'enfants vivant dans les pays les plus pauvres. Si les tendances se confirment, 56 millions de jeunes en âge de fréquenter l'école primaire risquent de ne pas être scolarisés en 2015, craint l'Unesco.
"Les progrès des dix dernières années sont en péril", a déclaré Clementina Acedo, directrice du bureau international pour l'éducation à Genève. Elle s'exprimait mardi à Berne lors de la présentation à la presse du dernier rapport mondial 2010 de l'Unesco sur l'Education pour tous.
Actuellement, 143 millions d'enfants et d'adolescents dans le monde ne sont pas scolarisés. Ils pourraient être encore 56 millions dans cinq ans si la tendance aux coupures budgétaires des gouvernements se poursuit.
Ce qui signifierait l'échec d'un des objectifs du millénaire: l'accès, d'ici 2015, à une scolarité primaire gratuite et de qualité pour tous les enfants au monde. En 2000 au Sénégal, 164 pays avaient souscrit au projet idoine "Formation pour tous" de l'Unesco.
"Nombre d'entre eux n'atteindront clairement pas cet objectif", a déploré Clementina Acedo, précisant que 16 milliards de dollars sont nécessaires chaque année pour y parvenir. Conséquence: une stagnation de la croissance, de la réduction de la pauvreté et des progrès en matière de santé. "La formation est la clé dans la lutte contre la pauvreté", a souligné Carlo Santarelli du Réseau suisse Education et Coopération internationale (RECI).
Mesures insuffisantes
Dans son rapport, l'organisation onusienne critique les gouvernements pour n'avoir pas mieux lutté contre les inégalités extrêmes dans les systèmes éducatifs. Elle dénonce également les pays donateurs pour l'insuffisance des fonds versés.
Une tendance qui s'accentue lorsque l'économie va mal. "C'est inacceptable, si l'on considère à quelle vitesse on a pu trouver des sommes énormes pour stabiliser le secteur bancaire", a dénoncé Carlo Santarelli.
La Suisse peut faire mieux
La Suisse aussi pourrait faire mieux: Berne ne met à disposition des programmes d'éducation qu'à peine 6% de son aide bilatérale, une contribution insuffisante pour atteindre les objectifs du Forum mondial sur l'éducation de Dakar en 2000, auxquels la Confédération a soussigné. En comparaison, l'éducation en Suisse représente 19% des dépenses publiques.
De plus, l'Unesco estime que la Suisse devrait sans tarder élever son aide au développement à 0,5% du produit intérieur brut. "Nous n'en sommes pas là où nous aimerions être dans la lutte contre la pauvreté", a déploré Martin Dahinden, chef de la Direction du développement et de la coopération (DDC).
L'aide suisse au développement a atteint 2,5 millions de personnes au cours des dix dernières années, a précisé le patron de la DDC.
Source: SDA
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