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Jeudi, 28. janvier 2010
Le secret bancaire a dominé un débat de l'Open Forum sur l'image de la Suisse à l’étranger jeudi au WEF à Davos. Les participants étrangers l'ont principalement critiqué.
La Suisse a longtemps ignoré les voix critiques envers le secret bancaire, a estimé la conseillère nationale Pascale Bruderer (PS/AG) et première citoyenne du pays devant un parterre d'environ 400 personnes.
Peter Maurer, ambassadeur de Suisse auprès des Nations unies à New York et futur secrétaire d'Etat aux affaires étrangères lui a donné raison. A l'extérieur du pays, "plusieurs nous ont prévenu et nous ont dit que ceux qui acceptent le secret bancaire devenaient de plus en plus rares", a-t-il admis.
Mal comprise
La Suisse a une bonne image au sein de l'ONU, notamment sur des questions humanitaires et environnementales. Elle est toutefois mal comprise et a un problème de réputation en ce qui concerne le secret bancaire, surtout auprès des pays industrialisés, selon le diplomate. Mais il faut aussi se demander pourquoi l'argent issu de l'évasion fiscale atterrit en Suisse, a-t-il avancé.
"Il n'est pas permis de se poser cette question", a réagi l'Allemand Ulrich Thielemann, vice-directeur de l'Institut d'éthique économique à l'Université de St-Gall. Ce n'est pas légitime d'interférer dans l'autonomie fiscale d'autres Etats parce que les impôts pourraient y être trop élevés.
"Une nation a-t-elle droit d'attirer les fonds des autres? Non, pas au 21e siècle", a répondu en écho Nail Fergusson, professeur d'histoire à l'Université de Harvard, aux Etats-Unis.
Redéfinition
A l'étranger, on ne comprend pas le secret bancaire: ce modèle est dépassé, selon Haig Simonian, correspondant au "Financial Times" à Zurich. Les banques suisses doivent trouver une issue durant cette période de transition.
A l'avenir, la Suisse devra mieux écouter les signaux et être offensive, au lieu de réagir lorsque c'est trop tard, a proposé Pascale Bruderer. Le gouvernement helvétique, qui a trop de charges opératives, doit prendre plus de temps pour réfléchir à des tâches stratégiques. La Suisse doit se redéfinir.
Protection de la sphère privée
Plusieurs participants ont toutefois souligné un aspect positif du secret bancaire, qui permet de respecter la sphère privée des clients des établissements. "La fraude fiscale n'est pas acceptable, mais nous ne voulons pas un 'big brother' qui nous surveille", a dit le correspondant au "Financial Times".
L'Open Forum, organisé par la Fédération des Eglises protestantes de Suisse, se tient chaque année à Davos en même temps que le Forum économique mondial (WEF). Le public est invité à débattre avec des personnalités de la politique et de l'économie, notamment, sur des questions liées à la globalisation.
Source: SDA
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