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Samstag, 12. Juin 2010
Joseph Deiss a été élu vendredi à New York à la présidence de l'Assemblée générale de l'ONU. Seul candidat en lice, l'ancien conseiller fédéral a été désigné par acclamation. Hasard du calendrier, il succèdera au Libyen Ali Abdessalam Treki.
S'exprimant à la tribune de l'ONU juste après son élection, l'ancien président de la Confédération a salué le "grand honneur" qui lui était fait, ainsi qu'à la Suisse. Il a affirmé sa volonté d'"être disponible pour chacun" des 192 Etats membres de l'organisation.
M. Deiss a aussi appelé tous les Etats à travailler ensemble. "La paix, l'amitié et la coopération doivent être les maîtres mots" de son année présidentielle, a lancé le futur président, qui entend "construire des ponts" entre les différents groupes de pays.
Parmi ses priorités, il a cité les Objectifs du Millénaire pour le développement, la réforme de l'ONU, la lutte contre le changement climatique, la sécurité alimentaire, le développement d'une économie verte ou encore le renforcement des Etats fragiles. Il souhaite aussi discuter des relations entre l'ONU et les instances internationales comme le G20, le G8 ou l'OMC.
Succès diplomatique pour la Suisse
L'élection de M. Deiss est un succès diplomatique pour la Suisse. Présente à New York, la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey y voit un signe important de la reconnaissance de l'engagement de la Confédération à l'ONU. Huit ans seulement après son entrée dans l'organisation, la Suisse a trouvé sa place à l'ONU, a-t-elle déclaré devant les médias.
La présidente de la Confédération Doris Leuthard a elle aussi félicité M. Deiss. Elle y voit un "grand honneur" pour la Suisse. Pour le président du PDC Christophe Darbellay également, cette élection est un "immense honneur" pour un petit pays comme la Suisse.
Les deux démocrates-chrétiens ont rappelé l'engagement personnel de leur collègue de parti en faveur de l'adhésion de la Suisse à l'ONU. C'est en effet en mars 2002, alors que M. Deiss était encore chef de la diplomatie suisse, que le peuple suisse avait donné son accord à l'entrée de la Confédération aux Nations unies.
Pas de pouvoir décisionnel
Le Fribourgeois, âgé de 64 ans, prendra ses fonctions le 14 septembre, à l'ouverture de la 65e session de l'Assemblée générale de l'ONU.
Premier moment fort de son mandat d'une année, il dirigera du 20 au 22 septembre une réunion plénière de haut niveau de l'Assemblée générale consacrée aux objectifs du Millénaire. Le 23 septembre, il ouvrira le débat général annuel. De nombreux chefs d'Etat et de gouvernement participeront à ces événements.
En tant que président de l'Assemblée générale, Joseph Deiss n'aura aucun pouvoir décisionnel. Il aura plutôt le rôle d'un médiateur neutre. Sa mission sera essentiellement d'ouvrir, de conduire et de clore les assemblées plénières. Il participera en outre à l'élaboration de l'agenda de l'organisation et devra s'efforcer de dégager des consensus entre les pays membres.
M. Deiss était l'unique candidat présenté par le groupe des Etats d'Europe occidentale et autres (GEOA) - à qui il revenait cette année de proposer une personne, en vertu d'un tournus entre les cinq groupes géopolitiques constituant l'ONU. Le Fribourgeois avait été préféré en décembre au Belge Louis Michel, ancien commissaire européen et ex-ministre des affaires étrangères du Plat Pays.
Après la Libye
Ironie de l'histoire, M. Deiss succédera à l'ex-ministre libyen des affaires étrangères Abdessalam Treki, qui a réclamé cet été un débat sur un démantèlement de la Suisse et un partage entre ses voisins. Cette demande avait été refusée, parce qu'elle contredit les principes de la charte des Nations unies.
Vendredi, toutefois, ces attaques semblaient oubliées. Joseph Deiss et Micheline Calmy-Rey ont rencontré M. Treki. Le diplomate libyen a félicité son successeur désigné et a promis de tout faire pour faciliter la transition.
Source: SDA |